Électrocution et électrisation : définitions, risques et conduite à tenir
- juin 26, 2026
- developpementbz
- 0
En France, environ 200 accidents graves d’origine électrique sont recensés chaque année sur les lieux de travail, dont une dizaine sont mortels (INRS, 2026). Pourtant, la distinction entre électrocution et électrisation reste mal connue, même des professionnels exposés quotidiennement au risque électrique. Connaître ces définitions, maîtriser les facteurs aggravants et savoir exactement quoi faire dans les premières secondes peut faire la différence entre la vie et la mort. Cet article fait le point sur les deux notions, les effets physiologiques du courant, et la conduite à tenir en cas d’accident électrique.

✓ Points clés — Électrocution et électrisation 2026
- L’électrisation désigne tout passage de courant électrique à travers le corps humain, qu’il soit mortel ou non.
- L’électrocution est une électrisation mortelle : elle représente le cas le plus grave, avec arrêt cardiaque ou respiratoire.
- Dès 10 mA, un courant peut provoquer une tétanisation musculaire ; à partir de 30 mA, le risque de fibrillation ventriculaire devient réel.
- La première action en cas d’accident : ne jamais toucher la victime avant d’avoir supprimé le risque électrique.
- L’employeur est juridiquement responsable d’habiliter tout intervenant sur une installation électrique (Art. R.4544-9 du Code du travail).
Sommaire
- Électrocution vs électrisation : définitions exactes
- Effets du courant électrique sur le corps humain
- Facteurs qui aggravent les lésions
- Conduite à tenir en cas d’accident électrique
- Responsabilité de l’employeur et obligations réglementaires
- Comment prévenir l’électrocution et l’électrisation
- Formation habilitation électrique à Paris avec BAFIM
- Questions fréquentes
Électrocution vs électrisation : définitions exactes
Les deux termes sont souvent confondus dans le langage courant, y compris dans les médias. La distinction est pourtant fondamentale en matière de sécurité électrique et de droit du travail (INRS, 2026) :
| Terme | Définition | Issue |
|---|---|---|
| Électrisation | Passage d’un courant électrique à travers le corps humain | Variable : brûlures, contracture, arrêt cardio-respiratoire… |
| Électrocution | Électrisation dont l’issue est mortelle | Décès |
| Arc électrique | Décharge électrique dans l’air entre deux conducteurs | Brûlures graves sans contact direct, cécité temporaire |
| Tension de pas | Différence de potentiel entre deux points du sol lors d’un défaut | Choc électrique sans contact avec l’installation |
💡 À retenir. Toute électrocution est une électrisation, mais toute électrisation n’est pas une électrocution. La gravité dépend de l’intensité du courant, du trajet dans le corps, de la durée d’exposition et de l’état de santé de la victime.
Effets du courant électrique sur le corps humain
Le corps humain est un conducteur électrique : sa résistance varie de 500 Ω à plus de 100 000 Ω selon l’état cutandé (peau sèche ou humide), le point de contact et le trajet du courant. Les effets dépendent principalement de l’intensité https://www.inrs.fr/risques/electriques/risques-electricite.html>INRS, 2026) :
| Intensité (courant alternatif) | Effets physiologiques | Niveau de risque |
|---|---|---|
| 0,5 à 1 mA | Seuil de perception (picotement) | Nul |
| 1 à 10 mA | Secousse musculaire, douleur | Faible |
| 10 à 30 mA | Tétanisation musculaire — impossible de lâcher prise | Danger réel |
| 30 à 100 mA | Fibrillation ventriculaire, arrêt respiratoire possible | Très dangereux |
| > 100 mA | Arrêt cardiaque, brûlures internes profondes, électrocution possible | Mortel |
La tétanisation musculaire est l’un des phénomènes les plus dangereux : la victime ne peut pas se dégager d’elle-même, ce qui prolonge l’exposition et aggrave les lésions. C’est pourquoi le DDR 30 mA est obligatoire dans les installations TT : il coupe le circuit en moins de 30 ms, avant que la fibrillation ne s’installe.
💡 À retenir. Un courant de 30 mA pendant 300 ms suffit à provoquer une fibrillation ventriculaire. C’est pour cette raison que le disjoncteur différentiel 30 mA est appelé « sauveur de vie » par les électriciens.
Facteurs qui aggravent les lésions d’électrocution ou d’électrisation
Plusieurs paramètres déterminent la gravité d’une électrisation et le risque d’électrocution (INRS, 2026) :
- L’intensité du courant : c’est le facteur le plus déterminant. Elle dépend de la tension et de la résistance du corps, qui varie selon l’état de la peau (peau mouillée = résistance divisée par 10 à 25).
- La durée d’exposition : plus le contact est long, plus les lésions sont étendues. La tétanisation musculaire empêche la victime de se libérer, aggravant automatiquement la durée.
- Le trajet du courant dans le corps : un courant traversant le cœur (main gauche → pied droit) est bien plus dangereux qu’un courant contourné.
- La fréquence du courant : le courant alternatif à 50 Hz (fréquence du réseau) est plus dangereux que le courant continu à intensité égale, car il induit plus facilement la fibrillation.
- L’état de santé de la victime : une pathologie cardiaque préexistante abaisse significativement le seuil de mortalité.
🔧 Conseil de Pro. En milieu humide (chantier, industrie alimentaire, élevage), la résistance cutanée chute drastiquement : un contact qui serait anodin à sec peut devenir mortel. Le port d’EPI adaptés (gants isolants, bottes isolantes) est non négociable dans ces environnements.
Conduite à tenir en cas d’accident électrique
La conduite à tenir suit une logique stricte et immuable. L’erreur la plus fréquente et la plus mortelle : toucher la victime sans avoir supprimé le risque électrique. Le sauveteur devient alors une deuxième victime.
- Alerter : donner l’alarme immédiatement en appelant le 15 (SAMU), le 18 (Pompiers) ou le 112 (numéro européen d’urgence). Précisez : accident électrique, lieu exact, état de la victime, présence ou non de conscience.
- Supprimer le risque électrique : couper l’alimentation à l’origine (disjoncteur, AGCP, interrupteur). Si cela est impossible, écarter la victime à l’aide d’un objet isolant (bâton en bois sec, plastique rigide) sans contact direct.
- Baliser la zone : éloigner les autres intervenants du périmètre de danger tant que le risque électrique n’est pas levé.
- Porter secours à la victime : vérifier la conscience et la respiration. Si la victime est inconsciente et ne respire pas : déclencher immédiatement la RCP (30 compressions + 2 insufflations) et utiliser un défibrillateur automatique (DAE) dès que disponible.
- Surveiller et rassurer : si la victime est consciente, la maintenir immobile, au chaud, et la surveiller jusqu’à l’arrivée des secours. Même sans perte de conscience, toute électrisation doit donner lieu à une consultation médicale immédiate (risque de lésions internes différées).
🔧 Conseil de Pro. Toute personne victime d’une électrisation — même sans symptôme apparent — doit être examinée par un médecin. Les lésions internes (brûlures du myocarde, nécrose musculaire) peuvent se manifester plusieurs heures après le choc et être fatales si elles ne sont pas prises en charge.
Responsabilité de l’employeur et obligations réglementaires
En cas d’accident électrique sur le lieu de travail, l’employeur est présumé responsable. L’article L.4121-1 du Code du travail lui impose de prendre toutes les mesures nécessaires pour assurer la sécurité et protéger la santé physique et mentale de ses travailleurs. L’article R.4544-9 exige l’habilitation électrique pour toute opération sur une installation.
- Habilitation obligatoire : tout salarié intervenant sur ou à proximité d’une installation électrique doit être habilité conformément à la norme NF C 18-510. Un intervenant non habilité engage la responsabilité pénale de l’employeur.
- Faute inexcusable : si l’employeur avait ou aurait dû avoir conscience du danger et n’a pas pris les mesures nécessaires, la faute inexcusable peut être reconnue, entraînant une indemnisation majorée de la victime.
- Déclaration obligatoire : tout accident du travail doit être déclaré à la CPAM dans les 48 heures.
Pour comprendre l’ensemble des obligations juridiques, consultez notre article détaillé sur la responsabilité de l’employeur en cas d’accident électrique.
💡 À retenir. Un employé non habilité victime d’un accident électrique expose l’employeur à des poursuites pénales pour mise en danger délibérée de la vie d’autrui (Art. 223-1 du Code pénal) en plus de la faute inexcusable au titre de la législation accidents du travail.
Comment prévenir l’électrocution et l’électrisation
La prévention repose sur quatre piliers complémentaires (INRS, 2026) :
- La formation et l’habilitation électrique : seul un salarié formé et habilité selon la norme NF C 18-510 peut intervenir légalement sur une installation électrique. La formation couvre les risques, les zones d’environnement, les EPI et la conduite à tenir en cas d’accident.
- Les équipements de protection individuelle (EPI) : gants isolants classés selon la tension, écrans faciaux anti-arc, vêtements anti-arc, chaussures de sécurité isolantes.
- Les dispositifs de protection collective : disjoncteurs différentiels (DDR 30 mA), balisage des zones de travail, consignation des installations (« Cadenassage/VAT »).
- La vérification absence de tension (VAT) : avant toute intervention hors tension, la VAT est une étape obligatoire de la procédure de consignation. Utiliser un vérificateur d’absence de tension (VAT) homologué, jamais un simple voltmètre.
Pour approfondir les niveaux d’habilitation et les symboles associés, consultez notre guide des symboles d’habilitation électrique et notre QCM corrigé habilitation électrique 2026.
Formation habilitation électrique à Paris avec BAFIM Formation
BAFIM Formation prépare ses stagiaires à éviter et gérer les situations d’électrocution et d’électrisation dans le cadre de la formation habilitation électrique à Paris et dans toute l’Île-de-France, en inter comme en intra-entreprise (plateau technique Saint-Maur-des-Fossés, 15 min RER A).
- Formation initiale B1/B1V/BR/BC : 3 jours, norme NF C 18-510 A2, effets du courant + gestes de premiers secours intégrés.
- Recyclage habilitation électrique : 2 jours tous les 3 ans, mise à jour réglementaire incluse.
- Intra-entreprise : déplacement dans vos locaux partout en IDF pour former votre équipe.
- Financement : OPCO, FAFCEA, France Travail — nous constituons le dossier avec vous.
Organisme certifié Qualiopi (NDA : 11941234194). Programme complet sur notre page formation habilitation électrique Paris. Voir aussi notre guide sur le financement de la formation habilitation électrique.
Voir la formation à Paris
Demander un devis gratuit
Questions fréquentes sur l’électrocution et l’électrisation
Quelle est la différence entre électrocution et électrisation ?
L’électrisation désigne tout passage de courant électrique à travers le corps humain, quelle que soit l’issue. L’électrocution est une électrisation mortelle. Dans le langage courant, « être électrocuté » est souvent utilisé à tort pour décrire une électrisation non mortelle.
Que faire en premier en cas d’électrisation sur un chantier ?
Ne jamais toucher la victime avant d’avoir coupé l’alimentation électrique. Alerter les secours (15, 18 ou 112), supprimer le risque, puis porter secours. En cas d’arrêt cardiaque : commencer la RCP et utiliser un DAE immédiatement.
À partir de quelle tension une électrisation est-elle dangereuse ?
En dessous de 25 V alternatif (50 V continu) en milieu sec, le risque est considéré comme faible selon la norme NF C 18-510. En milieu humide, le seuil tombe à 12 V alternatif. Ce n’est pas la tension qui tue directement, mais l’intensité qui en résulte selon la résistance du corps au moment du contact.
Peut-on mourir d’une électrisation à 230 V (tension du secteur) ?
Oui. La tension du réseau domestique (230 V alternatif) peut être mortelle, notamment en cas de contact avec la peau humide ou d’un trajet traversant le cœur. Elle est à l’origine de la majorité des accidents électriques graves en milieu professionnel et domestique.
L’électrisation laisse-t-elle toujours des traces visibles ?
Non. Une électrisation peut ne laisser aucune marque externe visible tout en causant des lésions internes graves (brûlures du myocarde, nécrose musculaire, trouble du rythme cardiaque différé). Toute électrisation, même anodine en apparence, impose une consultation médicale immédiate.
L’habilitation électrique protège-t-elle contre l’électrocution ?
L’habilitation ne protège pas physiquement : c’est une autorisation administrative. Mais la formation habilitation électrique qui la conditionne apprend les zones d’environnement, les distances de sécurité, les EPI à utiliser et la conduite à tenir — autant de connaissances qui réduisent drastiquement le risque d’électrisation.
Conclusion : électrocution, électrisation — la formation est la meilleure prévention
Électrocution et électrisation sont deux réalités distinctes que tout intervenant sur une installation électrique doit maîtriser. La gravité dépend de l’intensité, de la durée et du trajet du courant : à partir de 30 mA, le risque mortel est réel. La conduite à tenir est claire : supprimer le risque avant tout contact avec la victime, alerter les secours, initier la RCP si nécessaire. BAFIM Formation, certifié Qualiopi (NDA : 11941234194), vous forme à Paris et en Île-de-France pour intervenir en sécurité.
Demander un devis gratuit
Voir toutes nos formations
Références réglementaires et sources officielles
Cet article s’appuie sur les textes réglementaires et publications de référence suivants.
➤ INRS — Effets du courant électrique sur le corps humain
Seuils d’intensité, effets physiologiques et facteurs aggravants.
➤ INRS — Prévention du risque électrique
Principes de prévention, EPI et dispositifs de protection collective.
➤ Légifrance — Art. R.4544-9 Code du travail
Obligation légale d’habilitation pour toute opération sur installations électriques.
➤ AFNOR — Norme NF C 18-510
Standard de référence pour les opérations sur installations électriques.

